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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Simon Augade

MÀJ 05-10-2018

Mire, 2018

Bois, vis, métal.
Fût : 1,20 x 0,70 x 20 mètres
Sphère : 1,70 x 1,70 x 1,70 mètres

Artiste en résidence à Douarnenez, Simon AUGADE travaille à la réalisation de l’œuvre Mire dans le cadre du festival d’art contemporain Arts à la Pointe (Pays de Douarnenez, Cap-Sizun et Haut Pays Bigouden, 2018).


Mirer, pointer, focaliser sur un point, une visée.

Se fixer un objectif, un point de mire. Se donner une direction, un cap à atteindre… Une ligne.

Orienter le regard… et contraindre le corps.

C’est ce que ce grand fût couché produit. Placé sur cette place de l’Enfer, il oblige au détour pour traverser cet espace. Il coupe, par sa ligne ce lieu ouvert. Pour autant il nous pousse à aller plus loin… de l’autre côté… sur l’autre rive, cet ailleurs dont l’eau nous sépare.

Le regard se plaçant à l’extrémité du fût et pointant l’autre rive permet de relier ce que le corps ne peut pas atteindre, ne peut  pas être touché dans l’immédiat. L’expérience n’est pas complète. Ce qu’il y a sur l’autre rive n’est alors pas totalement vérifiable (sauf par le déplacement).  On voit, on fixe, on se projette, mais un manquement persiste. Le corps doit alors se déplacer pour rejoindre l’autre rive… mais l’histoire se répète une fois la traversée effectuée. Ainsi ces deux bords ne peuvent jamais s’appréhender au même moment, dans un seul instant. Ils sont à la fois indissociables et insaisissables… Se renvoyant la balle sans cesse. Passant de l’un à l’autre.

L’œil lui nous permet au travers de cet élément massif mais creux d’atteindre l’autre bout, butant sur cette sphère. Ainsi reliés, les deux éléments dialoguent, fusionnent. L’optique les fait correspondre mettant l’un à l’intérieur de l’autre. La sphère remplit alors ce tube. Comme si elle en était la substance manquante. Ce vide, cette matière absente de l’intérieur de ce grand tronc serait-il contenu dans cette boule? Cette sorte de mât couché et cette sphère formeraient alors qu’un seul élément séparé ici en deux points géographiques.

Le cœur, dissocié de son contenant, se retrouve alors projeté à l’extérieur. Sorte d’extraction se jouant du corps et du regard. Une sorte de tromperie par cette mise à distance, une mutation; s’opposant ainsi l’un à l’autre, se faisant face, dans une relation ambiguë. L’un rectiligne et anguleux, l’autre courbe et lisse.

Résumé en une ligne et un cercle, tout serait contenu dans le trait…