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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2016

Raphaëlle Péria

MÀJ 01-03-2019

Soleil Électrique

La rencontre avec le sublime est une expérience intime et éphémère.Se le remémorer, c’est puiser dans ses souvenirs.
Raphaëlle Peria, à travers des photographies qu’elle prend au gré de ses déplacements, fait du souvenir l’une de ces inspirations premières. D’un moment vécu, d’un sentiment ressenti, d’une rencontre inattendue, elle livre au spectateur un instantané déjà loin. Plus loin encore, car l’artiste se laisse le droit de les oublier avant de commencer à les travailler.

En attaquant la matérialité de la photographie, Raphaëlle Peria efface, préserve et révèle ce qui lui semble important dans un jeu de valeurs qu’elle maitrise parfaitement. Les œuvres sont magnifiées par le truchement d’une application méthodique de destruction. Le papier photosensible est gratté jusqu’à faire disparaître certains détails de l’image. Ces coups de gouge répétés mettent en relief un contraste inattendu, entre la matière qui apparaît et l’aspect lisse non altéré du support d’origine. Cet acte s’apparente au geste d’un sculpteur qui cherche dans la taille directe, le volume idéalisé.

L’étonnement du spectateur est d’autant plus amplifié que ce travail génère des images poétiques troublantes. Les œuvres établissent des liens nouveaux entre la réalité du paysage et sa transformation. La contemplation initiale que l’on devine, irradie à nouveau pour venir convoquer celle de notre mémoire collective, lorsque le passé devient un présent partagé. Après tout, ce souvenir personnel devenu image onirique n’est-il pas un peu celui de chacun ?

Vincent-Michaël Vallet
Texte issu du catalogue de l’exposition Soleils électriques, Musée de la Cohue, Vannes, 2018