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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB, 2013 - 2018

Margaux Bez

MÀJ 07-02-2018

Les sources de mon travail sont diverses et quotidiennes. Des éléments majoritairement issus de l’ordre du banal, qui forcent la curiosité et l’attention du spectateur. Un second regard, une autre lecture. Ou comment différencier des situations fortuites de réelles intentions artistiques.

C’est sur cette ambivalence que se porte mon intérêt. Jouer de cette ambiguité pour mieux révéler ce qu’on ne regarde pas. Ma démarche artistique se base sur une observation continue de mon environnement et d’une recherche appuyée de nouveaux contextes de production.

Ma pratique est particulièrement dépendante du cadre qui l’accueille et s’inspire de son contexte ; les éléments inhérents à cet espace me servent d’outils pour formuler mes interventions. Ils se font révélateurs d’un attrait du lieu d’habitude négligé.

Mon travail artistique est développé par des médiums variés : moulage, photographie et édition notamment. Ces deux dernières techniques rendent possible l’imitation d’une matérialité esthétisée par le support de l’image ; elles permettent d’entretenir un rapport équivoque entre les situations reproduites et mes réalisations.

Observer, Relever, Révéler, représenter, reproduire,interpréter, imiter, duper (...) Cette courte liste de verbes met à jour le processus d’imitation installé.

Les objets, ou les éléments que je représente, subissent presque systématiquement une transformation de l’objet à l’image. Ce passage, d’un plan tridimensionnel à une surface plane, me permet d’interroger la matérialité de ce que je représente et d’accentuer son côté factice.

Comme dans As if  où le tirage photo, à échelle 1, représente des sacs de plâtre de moulage entassés. Celui-ci a été replacée sur la même palette que celles où les sacs ont été photographiés. C’est alors un jeu de temporalités, de faux-semblants et de support qui s’opère.

Dans Mattolaituri, est représenté un tapis étendu sur une structure en bois et lesté par trois cailloux. Le tapis a été en reproduit en sérigraphie, transformant sa matière duve- teuse en une image ; les cailloux ont quant à eux été tirés en plâtre.

Mon intérêt se porte spéci quement sur l’esthétisme et le vocable de l’exposition et du chan- tier. Plus précisément, sur le moment où des histoires et des structures se construisent et prennent forme. Ce moment duquel émerge des compositions accidentelles dont l’esthétisme, sculptural et direct, nourrit mes productions.