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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Lucie Pinier

InVitro#5 Cinq diptyques comme les facettes d'un relief

Exposition collective avec Alexandra Huddleston, Benjamin Ottoz

Une invitation de Lola Meotti, La Réserve, pour le projet In Vitro

18 Mai - 4 Juin 2020

 Dans la vitrine du bar du matin, Bruxelles 

 

 

Ce dytique est une lecture complémentaire et physique du terme relief. Le travail d'Alexandra Huddleston nous permet d'aborder le paysage. Au centre de sa pratique se trouve la question suivante : comment une perception visuelle et philosophique du paysage, développée au cours de la marche, pourrait-elle ouvrir de nouvelles voies et faire revivre d'anciennes façons de comprendre la terre, la culture par le biais de la photographie? La marche engage et affecte le corps. Cette locomotion non-motorisée, lente et difficile oblige une confrontation directe avec les irruptions non-humains. Notre regard est façonné par la culture. Alexandra Huddleston marche hors des sentiers, apprend voir, à interpréter les réactions géologiques et les signes de vies antérieurs à son passage. L'outil est la photo et le sujet le regard porté sur la matière dans le paysage. Alexandra Huddleston capture ces agencements éphémères et met en éveil notre sensibilité du relief. En contre-point, Benjamin Ottoz accompagne la matière et révèle la plasticité et la mémoire du papier. La surface de la feuille devient le théâtre d'ondulations, de drapés lovés dans la profondeur de la page. L'image surgit du plan tel un bas-relief sans subir l'érosion ou la soustraction de matière. Le procédé de ce résultat est à la croisé de la peinture et de la sculpture. La papier est humidifié, la peinture pulvérisée, l'émulsion dessine, trace, creuse, sillonne et imprègne le support. Un langage échappant au peintre se créer. La feuille de papier est à la fois une peau et une membrane enregistrant les variations hydrométriques de son propre processus. Une fois l'évaporation totale, Benjamin Ottoz ramène la matière papier à son état plan d'origine en utilisant la technique du marouflage et du séchage sous contrainte. Les peintures ouvrent des fenêtres métaphoriques à la fois micro et macroscopique, troublent l'oeil de par l'épaisseur logée à la surface de la feuille papier.

 site web

Je compte ses mouvements

 

Une exposition collective avec Clément Davout, Mimi Kunz

janvier 2020

Maison d'Art Actuelle des Chartreux Bruxelles

 

 

 Je compte ses changements d'états. Des phases emphases, je reviens à la source. Je stoppe le flux respiratoire, guette les stimulis qui provoque l'émulsion. J'observe, remplis le poumon, nettoie l'oeil et dessine dans le ciel les états de la matière. 



À géométrie ternaire

Une exposition collective avec Stéphanie Jacques, Marine Penhouet, Camille Truyffaut

octobre 2019

Centrale for comtenporary art, Bruxelles

 

 

À l'occasion des portes ouvertes des ateliers d'artistes d'Ixelles, je fais la permanence dans celui de Marine Penhouët, pendant son absence. Je me suis sentie comme une vigie dans cet atelier au 3ème étage du bâtiment H de l'ancienne caserne. Le temps d'un week end, j'accueille des personnes qui passent juste la tête ou entament une révolution de tout l'atelier. 

Marine Penhouët lie la photographie, le volume, le dessin et la peinture. Peu importe l'outil ou le support, le point de convergence est le collage. Elle glane des objets au gré de ses déplacements : la sphère, la pyramide, le palmier, l'élément végétal ou architectural. Cette collection constitue un corpus précis de signes-objets dans lequel elle puise pour composer ses peintures tridimensionnelles. Elle superpose, scotche, efface et recouvre. La notion de palimpseste est ancrée. Marine Penhouët cultive une affinité avec la peinture narrative, comme «L'Annonciation» de Giotto. La technique du collage lui permet d'affirmer une succession de plans dans une même image, à travers l'objet, le texte et le fond peint. Les peintures dans l'atelier sont en perpétuelle évolution jusqu'au moment de l'exposition. L'installation de     Marine Penhouët pour l'exposition éphémère «À géométrie ternaire» est une composition d'éléments en travail. Pour cet étant donné, la peinture sur bois devient socle et les colonnes-socles présente une nouvelle collection de rebuts de matières compactés issus de l'atelier. 

Une dizaine de jours auparavant, Marine me met en contact avec Stéphanie Jacques pour préparer les portes ouvertes. Elles sont voisines de palier. Pendant ces deux jours et demi de vigie, je suis installée face à mon ordinateur sur la table «îlot centrale». Je jette souvent un oeil à gauche à travers la porte de l'atelier, je vois le travail de Stéphanie, des sculptures tressées, nouées en osier. Mon regard se perd au-delà du couloir car je ne peux me concentrer. Au pied du bâtiment H, l'organisation de SeeU a installé une scène avec un Dj. Nous sommes baignés de musique que nous ne voulons pas écouter. Alors régulièrement, je traverse le couloir et m'approche de l'osier.

Son travail d'atelier possède l'exigence de l'artisanat. Stéphanie Jacques découpe, tresse, noue, recouvre l'osier. Les outils sont rudimentaires et pourtant efficaces. La main est partout, le geste fugace laisse sa trace dans le nouage. Le mouvement du corps produisant la forme autoportante est en apesanteur. L'osier est blond et malin de sa plasticité, se mue et délimite l'espace vide. Les sculptures ne sont pas des masses, mais plutôt des volumes ouverts, troués. La série des «paniers» est un cycle de travail mêlant la vannerie et la sculpture sur bois. L'observation initiatrice est une fascination pour les arbres et leurs capacités régénératrices. Ce que Stéphanie Jacques observe ce sont les bourrelets de cicatrisation formés par le bois autour des trous laissées par les branches tombées. Elle sculpte le trou et construit autour de cette espace vide. Ce qui l'intéresse, c'est cette ouverture plus que la forme autour. (Nouveau Mondes N°78, mars-avril 2014, Maison de la Culture Famenne-Ardenne Rencontre avec Stéphanie Jacques). «Panier - Aaaah!» suggère un échange métaphysique impalpable entre ces deux organes-cavité. On discute autour d'un verre de blanc, les amies de Stéphanie sont présentes. C'était son anniversaire la veille. Le jour décline, le flot de visiteurs se tarit au 3ème étages, une ambiance guinguette s'élève dans les airs, la cour   encercle les corps animés de musique. Je saisis le calme et quitte ma vigie en quête d'images. Je rentre dans un atelier, les murs sont blancs, une douce ambiance de pastel cotonneux irradie les murs. Camille Truyffaut accueille un petit groupe de personnes, je m'approche et essaie de comprendre comment la vibrance s'exerce sur ma rétine. 

La fenêtre du tableau n'est pas seulement un écran monstratif 2D mais plutôt un théâtre d'épaisseurs dont la perspective physique nous est retirée. L'oeil tente de décrypter les strates dans laquelle la couleur se fond et se diffuse. La question tourne : Quelle est le procédé de fabrication ? Quelle est la nature de cette image ? Que met il à donner à voir ? Je reste hypnotisé par l'ondulation chromatique puis remarque sur la tranche blanche du tableau : Tempérer son impatience. Camille m'explique plus tard qu'elle ne peut pas toujours écrire le titre des peintures au mur, alors elle dépose sur la tranche du cadre un léger glyphe au portemine. J'écris peinture, mais ce n'est pas tout à fait véridique. Camille a une formation de graveur. Elle utilise l'aquatinte pour produire des images. Par la technique de superpositions de couleurs et de transparences, elle transforme la matière de ses images en les faisant subtilement disparaître. Mêlant peinture et aquatinte, les installations rayonnent d'une forte poésie onirique.

Je prends une carte de visite, comme mémomentale et la glisse dans la poche de mon jean's. Pendant la nuit, l'intuition de réunir leurs pratiques m'apparait évident. Au petit matin, je reprends mon poste de vigie, Camille passe dans l'après-midi. Je lance le processus. 

Symbiose

Exposition collective avec Paul Brunet, Camille Girard, Victor Vialles, Clément Delhomme, Constance Hinfray, Mimi Kunz, Stéfan Tulépo, Ada Somin

6 Juin - 9 Juin 2019

R2d2 Architecture, Bruxelles

 

 

Le titre de l'exposition est une invitation à se rencontrer, imaginer, mêler et faire ensemble. «Symbiose» est un écosystème protéiforme. L'enjeu est d'aborder, avec malice, des préoccupations écologiques de manière transversale, en réfléchissant à la relation de l'art aux vivants, aux objets et aux éléments. L'exposition réunit des oeuvres et des interventions souvent collaboratives, où se croisent et se partagent des notions liées au langage, à la fabrication, à la transmission, aux savoirs, à l'horizontalité. 

 Le mycélium comme réseau et ses vertus tant symboliques, spirituelles, sociales, magiques et sémantiques sont une alternative à la culture dominante. Le fongique comme bio-inspiration engage le réflexif vers le partage des savoirs disciplinaires, des formes d'attention et des modes d'adresse. Le «care», le «co» et l'entraide ne sont elles des expériences à vivre et revivre pour décentrer le regard et tenter de ré-enchanter le monde ?

Le mycélium vit en symbiose avec les autres vivants, oeuvrant dans un rapport collaboratif pour subvenir aux besoins de chacun. C'est une association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques.

 

 Partenaires : ArBA-EsA, R2d2 Architecture 

Something beautiful, festival d'arts visuels et de poésie

Something Beautiful, Festival d'arts visuels et de poésie

Exposition collective avec Jörg Baier, Corinne Chotycki, Céline Cuvelier, Csaky Marianne, Alexandra Huddleston, Élizabeth Hudson, Sonia Hufton, Mimi Kunz, Christine Langinauer, Rebekka Löffler, Simon Medard, PAROLE, Alix Rothnie, Erika Roux, Bobby Paul Sayers, Corrie Thomson, Stéfan Tulepo, Esther Venrooy. Programme de poésie avec Élizabeth Hudson, Adalbert Jahnz, Sarah Reader Harris, George Kosmopoulos, Mimi Kunz, Marcello Shea, Volkmar Mühleis, Antoinette Naomi Reddick, Bobby Sayers, Hannah Van Hove. Programme de perfomance avec Josie Perry, Bobby Sayers, Daphne Simons, Yanik Soland. Programme musical avec Henri Van Partei, Anthony Sinatra, William, Mott Fly

Fondatrice du Festival : Mimi Kunz; Curatrice : Lucie Pinier

10 -12 mai 2019

LaVallée, Bruxelles

 

 

Le festival, «Something beautiful», présente des créations plastiques et poétiques qui décrivent la vie en captant des impressions et pensées traduitent en formes, son, rythme et structure. 

La poésie, comme l'art plastique fonctionnent en descellant l'ambiguité d'un sujet et en adoptant des formes non linéaire pour laisser l'espace à l'interprétation. Les écrivains et artistes  locaux et internationaux vont lire les poèmes des uns et des autres. Le choix des textes mêlera des créations contemporains et à des écrits d'autres périodes. L'idée est de présenter la poésie comme langue commune, comme véhicule des expériences partagées. L'exposition rassemble des artistes venant de différents pays. L'enjeu de ce festival est de créer une plateforme de rencontre, d'échange et d'exploration artistique. Les artistes ont été sollicités parce que  leur travail questionne, change, transforme et célèbre ce qui nous entoure. 

 

site web 

Partenaires : LaVallée, Smart, Click Click Graphics

 

 

Le désert dans la chambre

 

Une exposition collective avec Marine Penhouët, Alexis Étienne, Côme Lequin, Enrico D'Ambrosio, Gildas Bouchaud, Gaëtan Arhuero, Samuel Arnaud

janvier 2019

La Réserve, Bruxelles

 

 

Allez vous facilement d'un point A à un point B ? Êtes vous ouvert à l'imprévu ?

Se déplacer, marcher, arpenter, observer -et- Écrire, tracer, transmettre

Pour raconter, contextualisez vous ? Quel est votre point de vue ? Que regardez vous ? Avez vous besoin de comparer entre le connu et le découvert ?

Prenez vous des notes ? Avez vous un protocole ? Écrivez vous en marchant ou dessinez vous assis ? Avez vous recréé l-es images d'un voyage ? Qu'est ce que vous appelez voyage ? Racontez moi votre dernière expérience esthétique ?

«Ce que les voyageurs ne nous racontent jamais (sans doute ils nous le racontent mais il faut faire notre propre expérience), c'est la manière dont la beauté se présente et l'endroit exact qu'elle occupe.» Jean Cocteau, Le tour du monde en 80 jours

La pelle de la pluie, Mission mycoremédiation

Une collaboration avec Audrey Speyer

Janvier 2019

R2D2, Bruxelles

 

La pelle de la pluie, Mission mycoremédiation est une exposition-action en trois actes. Le projet se situe entre la recherche scientifique, l'engagement écologique et la production de formes plastiques. L'enjeu de ce projet est de produire une expérience de mycorémédiation, et d'approfondir la connaissance de  cette innovation sur le terrain. La mycoremédiation est une des techniques naturelles d'absorption de polluants organiques et chimiques/inorganiques.

Lors du développement des trois actes de ce projet d'exposition, ce sera l'occasion de produire un kit citoyen de mycorémédiation, une oeuvre plastique, créer et transmettre la documentation de la recherche. 

 Le 3 décembre 2018, à la librairie Tropisme, Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle lors de la présentation de leur dernier livre, «Une autre fin du monde est possible, vivre l'effondrement » et pas seulement y survivre, ont énoncé à plusieurs reprise : prendre soin de soi, des autres et de la terre.

 «La pelle de la pluie, Mission mycoremédiation» est né du désir de mieux comprendre mon environnement et l'interaction entre les vivants dont le mycélium est un acteur primordial. Comment transmettre une recherche ? Comment donner forme à une recherche scientifique ? Comment porter une voix et faire échos ? Comment faire le lien entre la recherche et les arts visuels ? Qu'est ce que «recherche et création» ? Comment ancrer «recherche et action» dans un territoire ? Comment conscientiser à propos des problématiques de liées à la dépollution? Comment mieux connaître le mycélium, ses interactions et ses multiples qualités ? 

C'est pourquoi j'ai invité l'artiste, living-designer, chercheuse, Audrey Speyer. Elle développe sa pratique de designer sous le nom de Purifungi et mène une recherche protéiforme dans le champs du règne fongique et de la mycorémédiation. Purifungi est à l'intersection des domaines de la biodiversité, de la science et du design. Purifungi s'inscrit aussi dans une démarche d'opendata citoyenne afin de communiquer sur l'état de l'environnement dans lequel nous vivons et d'approfondir la connaissance de cette innovation sur le terrain. Une base de données sur la mycoremédiation ainsi que des parcelles témoins sont en cours de développement avec d'autres acteurs dans ce domaine en Belgique et en France. Des actions de sensibilisation citoyenne sont aussi mises en place (workshops et conférences), défendant des notions de résilience, de respect de la biodiversité et de conscientisation sur notre manière de consommer.

 

Partenaires : ArBA-EsA, R2DArchitecture

Étude et métaphore du vivant : minérale, végétale, organique

Une exposition collective avec Charlotte Gigan, Ernesto Sartori, Felix Bahret, Hugo Bonamin, Laure Forêt, Marie Molins, Mattia Listowski, Mélanie Vincent, Mimi Kunz, Pauline Chanet, Seb Pauwels, Simon Dalemans, Sina Hensel, Lucie Pinier 

décembre 2017

Le Kabinet, Bruxelles

 

 

Entre un grand banquet de victuailles et la paillasse d'un laboratoire scientifique en recherche de sérendipité, une table-socle émerge du sable. 

Autour de la table-socle, les corps tournent et les sens bouillonnent stimulés par une déferlante de verre dégoulinant pour une lévitation transcendantale, un moucheté de pigment noir sur son lit de plâtre en écrin de marbre, un nuage bleu funambule sur le plat d'un verre à pied, une vallée de drapés colorés fugitivement cristallisés, un interstice de galets figurant un Moi, une plancha virtuelle et archéologique, un désert d'argile architecturale mi-troglodyte mi-futuriste, une voltige de paysage rocheux anachronique, un plateau de textures sur pierre bleu, une terrasse ponctuée d'une collection de détails glanés et composés, une congère minérale dans son manteau onctueux, une concrétion de cellophane, un épiderme brodé à la douceur scintillante de la soie, un jardin géométrique d'érosion colorée.

 Comment définir la sculpture aujourd'hui ? «Étude et métaphore du vivant : minérale, végétale et organique» est l'occasion d'aborder les questions de formes, de couleurs, de matières, de strates et d'espace. Discutons ensemble de l'intuition, de la gravité, du plein et du vide, des symboles, de l'artefact, du mouvement, du paysage.