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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Chloé Dumond

MÀJ 19-12-2016

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Marmoriser, 2016

La taille de la paroi sans fin.Carrière sous le sommet de la montagne de Rié.

Marmoriser est un projet de sculpture in situ initié lors d’une résidence au CIRPAC en collaboration avec Orestis Vellis en août 2015.

C’est au sein d’une ancienne carrière de marbre blanc, sur la montagne de Rié, dans le massif Pyrénéen que nous taillons la paroi d’une ancienne carrière de marbre blanc avec des outils traditionnels.
Par le mot taille, nous entendons ciseler – griffer à l’aide d’un ciseau et d’une massette la surface pour faire éclater la croute de calcin recouvrant le marbre.
C’est grâce à la répétition d’un même geste que nous retrouvons peu à peu l’éclat du marbre.

Ce projet est à la croisée de plusieurs pratiques : sculpture in situ, taille de pierre, vidéo, dessin, performance.
Marmoriser est l’interrogation d’un territoire, la montagne de Rié, l’interrogation de ces paysages, de l’histoire et de la matière qui le compose.
C’est aussi une paroi accrochée à une montagne que l’on ne peut déplacer. La minéralité des lieux les a amenés ici et c’est elle qui les guide au fil du temps.

Pour la deuxième étape de travail, nous nous somes lancés sur la taille de la surface située sous la première intervention : une surface plane et ondulée.
Dans la carrière, les lignes verticales des arrêtes rocheuses élèvent les formes, elles dominent ce paysage.
Nous sommes partis du sol, et avons cherché l’horizontale, comme pour faire émerger un gisement souterrain, et ainsi, venir cohabiter avec les lignes dominantes.
Dessous, plusieurs centaines de mètres de marbre, environ 850 depuis le niveau de la mer.

« Cette session nous a fait prendre conscience d’un certain rapport au temps et à sa mise en oeuvre, le temps que l’on accepte de prendre pour faire, non pas pour finir, mais pour continuer, avancer un peu plus.
Nous avons ressentis l’ampleur du travail tout juste débuté, et c’est avec le désir de ne pas vouloir donner une finalité au projet que nous avons envie de le poursuivre.
Par ampleur, nous faisons référence à la dimension temporelle, mais aussi, à l’engagement que cela implique. Loin de vouloir transformer la montagne, nous voulons simplement poursuivre notre action à l’aide de nos quatre, ou six bras. »