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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB, 2013 - 2018

Yi-ping Huang

Je me distingue en tant qu’artiste et que poète, mais avant d’être les deux, je suis tout d’abord une lectrice.

Ce sont mes « lectures » face à un lieu, un espace, à un temps, un moment donné, à un fragment d’une réalité qui me sensibilisent puis relèvent les formulations de mes interrogations. Et ces interrogations m’amènent à « rédiger », à m’orienter vers mes recherches et mes expérimentations, et à trouver finalement une forme plastique, qui m’est juste, cohérente et poétique.

Depuis ma fin des études en 2019 jusqu’à maintenant, est effec- tivement une phases de transition dans tous les sens : mon retour du pays après six ans en me sentant une étrangère, l’ajustement du rythme de la vie et de la pratique artistique, et puis, l’avoir-lieu de la pandémie du virus covid-19.

Ces deux années de transitions a déplacé mon regard, qui se pose sans cesse sur l’espace, sur des endroits qui peuvent paraître anodins et qui s’échappent à notre attention habituelle, à la distance physique et mentale entre soi-même et l’autre — des êtres humaines ou l’espace d’où l’on se situe.

Je m’interroge sur la relation, la connexion avec l’extérieur, le monde, les autres, et également, sur la question de la solitude volontaire et involontaire. Je m’oriente vers la lecture enregistré en mettant le voix de la lecture en première pour faire sensibilisation.

J’avais écrit dans la fin de mon mémoire « Espace, un poème et un poète » :


Un poète a besoin de lecteur.

Un poème s’écrit, se donne, et puis il doit être pris, sinon,
comme un papier s’envolant dans l’air, il tombe par terre, il se met à côté, il s’oublie.

Et l’espace également,
car l’espace est un poème formé par nous, et plus que cela, il est le poète qui nous écrit.

Notre présence est sollicitée par l’espace
pour le percevoir, pour l’appréhender, pour dialoguer avec, pour le sentir.

Ainsi, un écho se crée
dans les cycles harmonieux fondés entre l’espace et nous.
Cet écho rompt le silence, le silence qui est mené par le néant.

Tout cela, c’est de la poésie.