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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2016

Tristan Deplus

MÀJ 25-05-2018

îlot R, 2017-2018

Résidence sauvage
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Affiches dans le cadre des rassemblements sur l'îlot, sérigraphies, 60x40cm et 80x60cm (coproduction avec S. Riollier)
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Situé sur la ZAC Baud-Chardonnet à Rennes, l’îlot R est une expérience de résidence collective temporaire à ciel ouvert. Portée par des standards issues de sous-cultures urbaines, cette micro-localité dans la métropole est conçue comme un laboratoire sauvage qui teste de manière dynamique les conditions d’accès à une forme d’autonomie et d’auto-gestion de l’espace urbain.

À l’image d’une recherche-action, le projet se matérialise par la construction et l’entretien d’un éco-système (aire de jeu, habitat, atelier, espace de documentation, scène, cantine, potager...) qui fournit alors un cadre pour expérimenter des méthodes d’investigations, de documentations, de productions et d’actions.

Réfléchie comme un lieu d’irruption de l’en-bas, la vie de l’îlot est ponctuée d’événements, rassemblements, chantiers, ateliers, tables rondes, fêtes, afin de témoigner des savoirs et tactiques de celles et ceux qui habitent la ville au présent, qui s’appliquent à rendre habitable l’inhabitable.

Documentation îlot R, 2017-2019

Corpus de recherche en cours


#Activistes archivistes : un énorme travail de documentation de plusieurs centaines de pages structure le projet et sa poursuite. Ici, la production documentaire, son classement et sa conservation semble non seulement devenir la matrice même du projet, permettant théoriquement sa réplication et son déplacement, mais les méthodes employées, finalement issues du décadrage d’un répertoire commun à la recherche (photographie, observation participante, recherche documentaire dans des fonds publics — archives municipales et départementales, cadastre, fonds géographiques et cartographiques tels IGN, Google Maps/Earth, OS Maps — collectes, recensement, typologies, enquêtes, etc.) permettent également de bâtir non seulement un savoir mais aussi une profanation de ce savoir, une capacité autonome produire un savoir localisé tout en ayant déterritorialisé son appareil de production.

#Furtivité : le projet repose sur une dynamique de la fuite et de la furtivité, comme une espèce de «force faible», une «citoyenneté à basse intensité», car de fait, le collectif use de son droit de cité pour s’incruster furtivement dans des angles morts. Détournement, réappropriation et même réagencements : les méthodes documentaires décrites plus haut servent aussi de socle à des opérations. Par exemple, les documents promotionnels de l’opération de réaménagement permettent de savoir quelles parcelles seront livrées les plus tard. Les photos satellite de différentes époques disponibles via Google Maps permettent de repérer non seulement des zones propices au skate (ce que Tristan Deplus nomme «archéologie des surfaces lisses») mais aussi des «gisements» de matériaux issus de la destruction des anciens sites industriels, etc. Des entrées permises par certaines personnes à l’école des Beaux-Arts permettent la production d’éditions en tout genre, depuis l’impression des archives du site, jusqu’à la production de fanzines, programmes, posters de qualité (Riso, sérigraphie). Ici encore, la logique de la fuite, de la dent creuse et de l’interstice prévaut, tel une sorte de guerilla invisible.

Tiphaine Kazi-Tani, extraits de notes produites dans le cadre du R|A|I|D| (Recherche Action Immersion Design), 2018