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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Simon Augade

MÀJ 05-10-2018

Souche, 2018

Bois de charpente, vis, dosses de bois, clous,
8 x 16 x 10 mètres.
Dépôt de l'artiste - Abbaye de l'Escaladieu - Propriété départementale - Hautes-Pyrénées.

Pour cette exposition, l'artiste a pris parti de s’emparer de l’élément naturel et millénaire qu’est l’arbre de façon franche, en nous en montrant une amputation. Ce pied d’un colosse que l’on aurait abattu parle paradoxalement d’ancrage et d’absence. Que ce soit des racines ou du reste du tronc, c’est bien des choses non visibles qu’il s’agit. L’un enterré, l’autre « déplacé ».

C’est à la fois la dynamique de la vie, le mouvement, les cycles de l’arbre et la force de l’inertie, du figé presque intemporel… vestige d’une fulgurante énergie originelle puissant dans ses racines une histoire qui nous dépasse.

Une fondation sans tête, une élévation sectionnée mais bien enracinée. Contraste entre un élément massif et le fantôme fuyant de la partie manquante, le souvenir fugace de cette vitalité stoppé net. Mais la force reste. On y voit les torsades de l’effort, celles d’une poussée lente et puissante.

Tous les temps sont dans la souche, l’origine, la croissance, la chute puis la mémoire. Le début et la fin fixé au même endroit, un double état condensé ici ; compacte fusion de force tellurique et vitale.

Cette masse sourde subsiste là, face à nous, témoin de notre passage, nous renvoyant à notre propre condition.

 


«(…) Premier geste, première coupure, première pierre, première chute. A la chute du premier arbre, tout est dit : l’homme, l’outil, le territoire.
Notre histoire entière, notre géographie, la mondialisation, la globalisation prennent naissance dans la détermination de ce premier acte : la chute d’un arbre. (…)» - Georges Peignard -