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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Sandrine Le Maguer

MÀJ 12-12-2017

  • Emblèmes, _13, porcelaine, 18.5 x 13.5 cm, détail.

  • Emblèmes, _13, porcelaine, 18.5 x 13.5 cm (chaque pièce). EESAB - Lorient, _13. Vue partielle de l'installation.

Emblèmes compose un ensemble de 6 pièces en porcelaine. Chacune représente un blason de différentes formes. Un dispositif d’éclairage disposé à l’arrière rend visible un motif gravé au dos de chaque pièce. Le spectateur placé à une certaine distance peut voir et comprendre le visuel. Lorsqu’il se rapproche pour décrypter davantage, un capteur se déclenche. Celui-ci fait baisser la luminosité jusqu’à son extinction. Il n’est dès lors plus possible de lire les motifs. Le regard fait face à un emblème neutre et blanc. Les motifs reprennent certains codes de représentation des corps d’armée. L’insigne a pour usage de résumer les missions et les histoires de ces groupes militaires. Il fonctionne comme un emblème sacré presque à l’égale du drapeau. Les motifs sont surmontés d’une devise. Elle correspond à des mots qui ne furent pas prononcés impunément («Global war on terror» administration Bush/guerre d’Irak). La grammaire de la guerre se transforme, son vocabulaire se modifie.

 

«la réalité de la destruction totale, qui échappe, à la compréhension tant elle paraît hors norme, s' estompe derrière des tournures toutes faites comme «la proie des flammes», «la nuit fatidique», «le feu embrasait le ciel», «les puissances infernales s’étaient déchaînées», «c'était une vision d'enfer», «le terrible destin réservé aux villes allemandes», etc. Leur fonction est de masquer et de neutraliser des souvenirs vécus qui dépassent le concevable.»1

 

1 W. G. Sebald, De la destruction, comme élément de l'histoire naturelle, traduit de l'allemand par Patrick Charbonneau, coll. Babel, Actes Sud, Arles, 2014, p. 33.