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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Quentin Montagne

MÀJ 26-02-2018

Le Pavillon Imaginé, 2014

Ciment, argile, bois, placoplâtre, 120x70x7 cm.
Pièce en collaboration avec Anita Gauran et Rémi Mort, 2014.

Entre fondations d’un futur pavillon et fouille archéologique, ce projet in situ n’émerge que de quelques dizaines de centimètres du sol et atteint une dimension monumentale. Dans la tradition du parc et du jardin occidental, la sculpture nécessite en effet une exploration, une promenade de la part du spectateur qui découvre alors l’étendue du bâtiment enfoui, soit environ douze mètres de long pour huit mètres de large.

La pièce apparaît comme un hybride d’architecture ancienne et contemporaine, son plan mêlant le tracé d’un pavillon récent, tel qu’on en voit aujourd’hui à Carquefou, avec celui d’une ancienne villa gallo-romaine de la région. Intitulé le Pavillon Imaginé, cette structure s’inscrit ainsi pleinement dans le site des Renaudières. Situé dans la clairière derrière l’espace d’exposition, cette ébauche de construction, tout en faisant écho à l’Orangerie, fait ainsi le lien entre un patrimoine ancien, prestigieux, et le paysage urbain de Carquefou, sorte de nouvelle-ville champignon.

Chantier figé, entre invention du passé et construction à venir, le Pavillon Imaginé est une ruine factice, industrielle, dont la matérialité s’oppose a priori à l’image que nous avons des vestiges du passé. À l’issue de sa réalisation, l’ensemble sera cependant laissé à l’abandon. Suivant les lois de l’entropie, pendant les quelques mois de l’exposition, la sculpture sera de fait offerte aux intempéries et autres hasards, quand la faune et la flore locale pourront l’investir librement.

Le Pavillon Imaginé articule enfin plusieurs notions et dichotomies, ruine/chantier, passé/présent, patrimoine architectural/banlieue pavillonnaire, invention/construction ou encore nature/culture. À travers ce projet, nous souhaitons interroger notre rapport à l’habitat et à notre environnement. Revenir au module de la brique et, dans l’esprit de l’auto-construction, concevoir et bâtir soi-même son habitat, c’est avant tout comprendre et s’approprier l’architecture, faire appel à un savoir-faire ancestral dans un monde où cette activité, devenue industrielle, est réservée aux professionnels. Un pavillon de banlieue, construit en série dans les villes nouvelles, devient de cette manière un objet de réflexion et d’imagination. En parcourant le chantier du Pavillon imaginé, le spectateur s’approprie cet objet banal et déconsidéré de notre environnement urbain. Cet élément désormais classique, déployant une filiation généralement oubliée à l’architecture ancienne, nous apparaît dès lors, planté au milieu d’un parc ou d’une friche, doté d’un potentiel infini. Il ouvre à l’imaginaire et permet une nouvelle vision, un nouvel enchantement de notre présent.

Le Pavillon Imaginé, 2014

Projection 3D.

Pavillon imaginé #1, 2014

Encre sur papier marouflé sur bois, 24x32 cm.

Pavillon imaginé #2, 2014

Encre sur papier marouflé sur bois, 24x32 cm.