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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2016

Pauline Buzaré

MÀJ 22-11-2018

Corps immanent au paysage, corps-pensant friable à l’horizon, corps en suspens se succèdent dans le travail de Pauline Buzaré, dans une chorégraphie de postures, de gestes et tâtonnements qui, délicatement, explorent la brèche du soi au tout, du sujet au monde. Pour l’artiste, le paysage n’est plus le résultat d'une perception séparée mais un état incorporé.

Dans ses œuvres l’objet Montagne répond à l’objet Corps qui répond à Neige, Anguille, Sable, Cheveux, Vent, Minéral, Chair… Pauline Buzaré arpente la terre, la mer, la montagne avec une ardeur calme et parfois s’arrête pour nous communiquer. Là, nichée au sommet d’un glacier poudreux ou lovée dans le sein d’une lagune humide, elle tente de conserver la trace sensible d’un vécu paysage. Bien souvent elle fige un mouvement, comme l’expression d’un corps, qui saisit au vol, nous ouvrirait à cette intériorité extériorisée. Un élan vital et à la fois suspendu.

Parfois elle explore la temporalité de manière plus approfondie, mêlant des instants du passé, du présent, utilisant le corps et le geste de l’autre, toujours dans un paysage donné, cherchant à élargir l’exploration de cette porosité corps-nature.

Il y a une forme de nostalgie extrême dans ces marches et pauses solitaires, dans ce langage inouï de l’être au monde dont parfois nous nous croyons déchus, mais Pauline Buzaré, avec une candeur profonde, le fait éclore et ravive en nous son souvenir heureux.

Marine Levéel

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Mêlée d’influences diverses (dont le cinéma, la danse, la peinture, la poésie, la philosophie), ma recherche s’ouvre sur des questions de perception, de corps en mouvement et d’espace.
De grands espaces, dehors, des corps étrangement animés et mentalement marqués. Je pars de la notion de paysage pour interroger la représentation et la place du corps dans un lieu.
Bien que le mot « paysage » soit couramment utilisé, je me sers de l’idée de représentation mentale qu’il induit, celle de composition qu’il implique et qui prend comme point central le corps.
Un corps observé de l’extérieur comme une masse, un poids physique qui s’anime.
Et également de l’intérieur, une pensée qui serait traversée par l’image.
A la suite d’un voyage en Amérique du Sud, je développe la notion d’espace désertique : un lieu extérieur dont l’aspect primordial est d’interroger les notions spatiotemporelles à travers l’expérience d’un corps dans cet espace par rapport à l’échelle (petit/grand), la place du regard (le lointain et le proche, le point de vue), le trouble venant de l’obligation de se représenter, se situer dans l’espace.
Trois états du corps sont essentiels dans ma recherche :
Le vertige, entre suspension ou déséquilibre avant la chute.
L’envol, une figure de légèreté et d’apesanteur.
L’abandon, le poids des corps qui se relâche, une immobilité en apparence tranquille comme un repos.


Une exploration physique et mentale, entre action et contemplation, qui est à la base de mes expérimentations sur l’image, le montage vidéo et la présentation sous forme d’installation-vidéo à écrans multiples.

Pauline Buzaré

Dance, cinema, philosophy, poetry, paintings and also walks and travels are inspirations for my work.
It represents vast spaces, outside, and human bodies strangely animated and mentally impressed.
My work offers suggestions about perception, movement and space.
I’m interesting by the idea of the landscape to question the representation and the place of a human being in a space. Even if the word “landscape” is often used, I question its definition, the idea of a mental composition imagined by someone who become the main figure to create the landscape.

Externally observed, this person is just a body, that is to say a physical weight, who animates itself. But it’s also, inwardly, a mind we could cross by pictures.

After a journey in South America, I’m developing a research influenced by desert space. It concerns the relation between landscape and human body, about perceptions and physical sensations of being lost in a space. It’s not necessarily a desert it’s just an idea, the space can be a forest, dunes, the sea…somewhere where we loose our landmarks. It's a possibility to experiment special feelings through the body in a space.
The relation between landscape and body is constructed in different ways : the scale (big/small), the eyesight (near/far, point of view), the strange feeling coming from the obligation to represent yourself in a space.
Three states of the body are important in my work :
The dizziness, between suspension and imbalance before falling.
The flight, like a lightness or a weigthtlessness figure.
The neglected state, the body weight released, an immobility, like a rest.


A physical and mental exploration, between action and contemplation, that I experiment in my pictures, in my editings and with multi-screen video installations.