retour à l'accueil

Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB, 2013 - 2018

Paloma Moin

MÀJ 17-06-2021

Philippe parle de l'homme de Nietzshe j'ai un doute sur l'orthographe. Je me souviens qu'il m'en avait parlé au moment de notre petite réunion avant cet événement.

On s'était rencontrés dans un café pas très loin du musée d'Orsay. Je voulais aller voir l'exposition Picasso Bleu et Rose, mais j'avais perdu le fil des jours et ne m'étais pas rendu compte de la fermeture des lundis.

Philippe m'a parlé de ce problème de traduction, dans le texte original. Où l'auteur utilisait ce terme de mensch. Alors j'ai immédiatement pensé à ma grand-mère. Peut-être les deux grand-mères. Non, plutôt ma grand-mère maternelle. Qui disait « ah, lui il est vraiment mensch » pour dire d'un homme qu'il était courtois, gentil, gentleman. Je ne sais pas exactement ce qu'elle entendait par là.

C'est drôle (je dis encore « c'est drôle ») parce que c'est ma grand-mère qui n'est pas juive. Et c'est celle qui mélangeait le plus de mots Yiddish dans ses phrases : un homme mensch, être mishiguene, avoir des spilkes dans le tujes... J'ai toujours connu le yiddish par mots intégrés dans des phrases en espagnol. Je ne sais pas s'il y a des gens qui parlent yiddish sans intégrer d'autres langues. J'aime bien ce mélange.

Avec ma mère on mélange les langues qu'on connait dans nos conversations. On se limite rarement à une seule langue.

J'ai de plus en plus régulièrement ce genre d'expérience avec mes clients : des touristes qui voyagent beaucoup, qui parlent plusieurs langues, et qui pareil, utilisent la langue qui leur vient.

C'est pratique. On parle comme ça vient.

Et pourtant, quand j'étais petite, il y avait des espaces différents pour parler les différentes langues. Une à la maison, une autre

Un homme ne cesse de poser sa canette sur la continuité de ma table. J'ai peur qu'elle ne se renverse. Le lieu est petit. Et puis, il me tourne le dos souvent.

Je parlais de langues.

Je suis venue en Uber. J'avais un chauffeur très étrange. Un tunisien, qui disait beaucoup de mal de ce pays, il voulait parler de la politique, et de la religion qui se mêle de politique. Il évoquait le passé du pays, très en avance sur son temps, sur la question de l'esclavage, des femmes, je ne sais plus si dans cet ordre là. Et puis, il a voulu parler du Coran, de ce texte mal compris selon lui.

Il racontait que la plupart des musulmans ne maîtrisent pas l'arabe littéraire et s'en tiennent à ce qu'ils entendent. Un téléphone arabe, et prennent ça pour argent comptant.

Il m'a dit qu'en Afrique, il y avait une autre pesanteur, ou apesanteur ? Non, il a parlé de gravité. Qu'il fallait en faire l'expérience, vivre ça, mais plutôt au Maroc, pas en Tunisie.

J'ai du mal à suivre la lecture à l'extérieur. J'entends des dates, des textes à moitié en français et en anglais. Il paraît que celle qui lit s'est trompée de date. Il fallait qu'elle lise décembre.

Quelqu'un lui donne des indications. Elle a les cheveux plaqués en arrière.

C'est une coiffure que je n'ai vue que dans des magazines. Ces mannequins qui posent soit au bord d'une piscine, soit en costume oversize, les mains dans les poches. Elle a un style un peu comme ça.

Je me demande si c'est un coiffeur qui lui a recommandé cette coiffure.

Le chauffeur du taxi m'a demandé si je pouvais lui parler un peu de ma vie. J'ai trouvé ça étrange. Je lui ai dit que je travaillais des les musées, à expliquer les œuvres d'art aux touristes.

Ah, j'ai compris, dans le public, certains lancent des dates et la femme lit les dates qu'on lui propose.

C'est bien ça ?

Il me semblait que plusieurs personnes liraient les éditions lancées par Moltogone.

Une personne a mis une chaise à ma gauche, mais pas pour lire, plutôt pour parler à quelqu'un d'autre. C'est amusant, mais ça ferme un peu l'espace. Je me sens un peu plus enfermée que d'habitude.

En général, on me met soit dans le passage, soit sur une scène. Alors je me fais une bulle imaginaire.

Ils ont applaudi. Un buffet se prépare.

Philippe m'avait proposé de me rémunérer en nourriture, je n'ai pas accepté parce qu'il n'y a rien de végan. Alors ça ne vaut pas la peine pour moi. La fille a tourné sa chaise. Héléna m'a sourit.

Elle a dit qu'elle venait pour me voir mais pas seulement. Aussi un autre ami. Hier, ma maman m'a dit qu'elle viendrait certainement. Héléna, pas ma maman. Elle a déjà vu presque tous les épisodes de cette performance. Mais elle a voulu s'excuser.

Je repense à ce chauffeur. Je voulais lire un livre sur les performance qui prennent la forme de conférences, pour me mettre un petit peu dans le contexte, partir de quelque chose d'intelligent. Mais je suis trop polie pour refuser de faire la conversation. Il m'a demandé ce qu'il y avait à voir en Argentine, m'a raconté qu'il rêvait d'entrecôtes énormes.

C'est vrai que les plats de viande dépassent de l'assiette. La viande déborde des assiettes en Argentine. C'est le style.

Il y a même ce restaurant où on ne met pas de couteaux à table, pour montrer comme la viande est tendre. Mais dans les quartier hype, il y a des boulangeries françaises et des restaurants bios et macrobiotiques. D'un côté les spas, de l'autre les stades de foot.

Dans le quartier de mon père, la ville s'arrête les jours de match. Mais j'en ai déjà parlé.

J'hésite à aller en Argentine en janvier. Ce sera l'été. Ça fait bientôt 5 ans maintenant.

Je me suis dit que je pouvais en profiter pour aller au sud, voir les glaciers, et puis aussi un peu à la plage pour profiter du soleil, et finalement passer deux jours dans la capitale pour prendre rapidement un thé avec mon père. C'est l'idée du psy de ma maman. Il lui a dit qu'on devrait y aller toutes les deux. Elle règlerait ses affaires là-bas, et moi je prendrais un café avec mon père.

Mais c'est un trop long voyage seulement pour un café. Je préfère l'idée de prendre des vacances.

J'ai entendu « les médias font peur ». Je ne connais pas l'homme qui lit. J'essaie de m'en tenir à « homme » et « femme » pour ne pas dire « fille » ou « garçon ». Il paraît que c'est trop familier.

J'ai entendu parler d'attentat, de djihadiste, de nazi. Je ne sais pas quel est ce texte qu'ils lisent.

J'ai fini le troisième tomme de Vernon Subutex ce matin. En arrivant au Musée de l'Homme pour présenter Néandertal.

À la fin, je n'ai pas bien compris ce chapitre dans le futur. Cette projection. Ça m'a déçue. J'aimais au contraire l'idée de me sentir dans le même temps, la même époque, contemporaine du texte, du récit et des événements.

Le lieu s'assombrit. J'ai entendu « Ophélie Winter teste le ramadan ». Des gens rient. Il y a cette femme avec un rouge à lèvres foncé. Ça m'intrigue toujours. Je ne sais pas pourquoi. Ça donne peut-être un côté graphique au visage. Il y a des styles très affirmés ici : un homme avec un trou dans son pull, des sacs à dos, des vestes très longues. Je ne connais presque personne ici. Je crois tous mes amis ont déjà vu d'autres épisodes. Peut-être qu'il faudrait que je cherche à faire cette performance dans une autre ville. On m'a demandé, je ne sais plus qui, si je pouvais écrire en espagnol, ou en anglais. Je n'ai pas essayé. Un homme a une mimique très étrange pour essayer de lire ce que j'écris. Il fronce les sourcils et ouvre la bouche mais pour ne découvrir que les dents du dessus. Je trouve que c'est une expression un peu vieillotte. On se garde beaucoup de faire ce genre de tête de nos jours. Peut-être qu'il y a trop de caméras partout. On prend le risque d'apparaître sous un mauvais jour. Ou alors, peut-être que c'est par crainte des rides. Ou alors, parce qu'on a déjà fait trop d'injections de botox et qu'on ne peut plus bouger les muscles.

Une fois, j'ai fait une visite guidée à une femme dont je ne savais pas dire l'âge, ni si elle était contente. Son visage était immobile.

Hier matin, j'ai reçu un appel alors que je travaillais, d'une client qui disait avoir perdu son lifting. Je n'ai pas compris. Elle disait « j'ai perdu mon lifting ! Je l'ai laissé à la dame de l'entrée, est-ce que vous sauriez le retrouver ? », j'ai finalement compris qu'il s'agissait du listing. La liste des invités de l'événement qu'elle organisait. C'est devenu très vite une blague entre les collègues.

J'aime bien cette ambiance, entre les musées, les coulisses, c'est un peu comme ici, il y a plusieurs choses, on peut voir l'envers du décor, les différentes interventions en train de se préparer, une lampe qui s'allume, la lumière se déplace, et puis on l'éteint, la musicienne range sa guitare dans l'étui, on peut passer derrière, du côté des cuisines en allant aux toilettes. J'ai accès à la même chose dans les musées. Là où je préfère, c'est au Grand Palais. J'ai une carte qui me permet de passer par tous les couloirs. Sauf sous les combles, il y a trop de trous dans le plancher. Tous ceux qui travaillent là sont fascinés par le bâtiment, son architecture. Même les gardiens aiment toucher aux éclairages pour voir la verrière différemment. J'ai rarement vu cet engouement. L'homme au pull trouvé s'est installé à côté, il a une bière à ses pieds et une cigarette pas très loin.

Je voulais acheter du fauxmage ce midi. Après ma conférence. Mais il n'y avait pas celui que j'aime bien, un fauxmage qui ressemble à du camembert.

J'ai l'impression de faire davantage d'erreurs typographiques aujourd'hui. Peut-être que je suis moins en forme. Une femme est venue pour téléphoner à l'intérieur, pensant certainement que ce serait plus calme. Quelque chose est tombé dans la cuisine, un bruit de plat et de couverts. La lumière s'est allumée puis éteinte à nouveau. La machine a écrire a fait « TING ». Une petite fille habillée en rose se tient debout sur une barre en bois qui tient la table de la machine à écrire. Un autre homme est assis derrière une table qui ressemble à la mienne. Il n'écrit pas, il y a un récipient avec ce qui ressemble à du punch et des gobelets en plastique devant lui. En face de moi, deux autres hommes discutent, assis derrière une table pleine de choses variées : une bouteille d'eau.

Quelqu'un a dit « orange ».

Sur la table, il y a plein de petits livres.

La lumière s'est rallumée et une femme s'est allongée au sol. Elle a un tee-shirt rose aussi, un peu comme la petite fille. On s'habille rarement en rose.

Pastoureau dit que de tous temps, on s'est habillé dans les mêmes tons. Il se demande si dans quelques siècles, on imaginera que les gens « normaux » s'habillent au quotidien comme dans les magazines de mode. Il dit qu'on a le même problème quand on étudie le Moyen-âge parce qu'on se représente les enluminures. Dans les enluminures, on n'a la représentation que d'une certaine classe sociale. Davantage de lumière.

Je me demande si ça change la perception de l'écran, le contraste peut-être.

J'ai fini mon verre d'eau. Il n'y avait plus de bulles. Je m'étais servie de l'eau pétillante. La petite fille a l'air d'avoir écrit un très long texte, qu'elle s'a. Quelqu'un est passé et a pris mon verre.

J'espère qu'il me le rapportera plein.

Merci.

La porte a claqué.

J'aurais aimé parler de cet événement, de cette nouvelle maison d'éditions. Je n'ai pas tout compris ds éditions Moltogone.

Philippe m'a dit qu'il avait participé à tous les projets qui ont été édités. Je ne sais pas si ce sera le cas tout le temps. Il a réalisé les reliures aussi. Il m'a parlé d'une grande table.

J'ai entendu « ah putain » deux fois. Un verre de jus ou de punch s'est renversé sur le tissu au sol.

Ils épongent avec du papier absorbant. Je n'ai pas voulu écrire Sopalin parce que c'est une marque.

Philippe propose aux invités de se servir dans le buffet. La petite fille a lu une partie de son texte.

Clara vient d'entrer, elle traverse la pièce.

J'aime bien ces vestes Moltogone que portent certains. J'aurais dû demander s'il y avait un dresscode, ou alors demander une veste à la place du buffet...

Pour certains événements

,

L'écran est tombé

Deux personnes essayent de le remettre en place. C'est amusant. Quelqu'un tient l'écran. Ils cherchent du gaffeur. Je crois qu'il y en a quelque part derrière, près de la cuisine.

J'avais imaginé que ça pouvait arriver.

Je repense à ce documentaire sur les énergies que l'on véhicule. Peut-être que c'est arrivé parce que j'y ai pensé.

Hier, un ami m'a appelée. La dernière fois qu'on s'était parlés, il m'avait proposé de se fréquenter. Mais comme un couple. J'avais refusé. Alors il m'avait dit « mais pour qui tu te prends ?! » et ne m'avait plus adressé la parole. Jusqu'hier, un an plus tard. Il avait dit que j'étais un peu sorcière, que je captais des énergies... j'ai répondu que j'avais peut-être une sensibilité.

Ma grand-tante racontait que quand son chien aboyait, c'était parce qu'il voyait des fantômes.

Une femme est entrée et a déposé un enfant devant moi. Maintenant, il est avec un homme et il sautille. Personne ne lit plus rien dehors. Je ne sais pas s'ils ont terminé les lectures. J'ai oublié ce qui était prévu dans le programme.

La fille qui était allongée au sol avec le tee-shirt rose a recollé l'écran. Elle a aussi des cheveux un peu roses. Elle est à côté d'un homme avec un tee-shirt qui dit « who's your daddy ».

Il y a des gens qui ne portent que des tee-shirts à messages. Il y a aussi des pulls avec des messages. J'ai l'impression que c'est à la mode.

Un homme a dit « tee-shirt » et est reparti. Peut-être qu'il a pensé que je ne parlais que des tee-shirts, ça ne l'intéressait pas, et est reparti.

Une dame est passée avec une assiette bien remplie. Elle tient son assiette avec difficulté et ne peut utiliser sa canne. Elle s'installe dehors.

C'est vrai qu'il fait encore bon pour le mois d'octobre. Le chauffeur m'a dit que c'était le dernier jour de beau temps. Qu'à partir de demain, il ferait froid et humide.

Je n'aurais pas dû prévoir de visites guidées en extérieur cette semaine.

Je crois que Clara part, elle est très chargée avec ses deux instruments, et un pied, et un sac. Ou alors, elle les a simplement déplacés.

Un homme, celui à l'enfant, lit à voix haute ce que j'écris. C'est déconcertant. Je n'imagine pas qu'on puise lire à voix haute ce texte. C'est plutôt intime, non ?

Je me sens un peu exposée. Je suppose que ça fait partie de la prise de risques.

La plupart des gens se tiennent de dos. Par moments, j'ai l'impression que presque tous les visages sont tournés vers l'écran. Il y a un homme aux cheveux longs, avec une chemise blanche. Je trouve qu'il a un beau sourire.

L'autre aussi, avec la chemise bleue. Ils ont tous les deux l'air bienveillants. C'est sympa.

Héléna rit à l'extérieur. Je ne sais pas à qui elle parle.

Je ne peux plus arrêter de remarquer ces tee-shirts à textes maintenant.

Et il y a un homme à pull rouge. Il y a toujours quelqu'un avec un haut rouge. Toujours. C'est une constante.

Il y a beaucoup d'odeurs ici. Des odeurs de l'extérieur et de l'intérieur. Mais c'est un peu comme ça que j'imagine le 18ème. Je ne passe pas souvent dans ce quartier. J'habite dans le 12ème. C'est tout au sud de Paris. Ici, on est dans le Nord. Il paraît que ça change très vite par ici. Mais je ne saurais pas dire. On parle de Marx Dormoy comme d'un quartier qui s'embourgeoise. J'ai entendu ça.

Une femme a dit « en fait » et s'est arrêtée de parler. Elle n'a dit que ça. C'était sa phrase. Elle est dans un groupe où tous se parlent par dessus les uns les autres. Je me demande ce qui les relie.

Les trois en face de moi sont alignés. Leurs têtes sont dans une ligne continue, je veux dire qu'on peut les imaginer dans une forme géométrique parfaite.

Peut-être que c'est ce qu'ont vu certains cubistes.

Il y a tellement de façons de voir le cubisme. J'aime beaucoup imaginer ce qui a pu pousser les artistes dans cette représentation du réel. Changer de point de vue, mais sur la même page, donner à voir ce qu'ils savent d'un objet plutôt que ce qu'ils voient, simplifier ou classifier, découper l'espace en formes géométriques, le jeu du mécano.

Il paraît que le mécano en métal n'existe plus. C'est une collègue qui m'a dit ça. Alors j'ai cherché s'il y en avait en vente sur leboncoin. Il y en a, mais les boîtes sont rarement complètes.

Quand j'étais petite, on jouait au mécano avec mon père, et on allait au magasin de bricolage pour rajouter des boulons et des vis. Et puis on jouait aux legos. On construisait des villes. Alors on avait un espace réservé pour cette ville, jamais détruite, mais toujours augmentée. J'aimais les briques blanches pour les constructions. Je crois que je me les réservais, rien que pour mes architectures et que je laissais toutes les autres couleurs à mon père. On n'en a jamais parlé. Quand il a déménagé, il m'a demandé si je voulais récupérer toutes les caisses de briques legos. Il les avait gardées dans le placard des papiers importants. Je ne sais pas si c'était le seul endroit vide, ou alors si ça faisait partie des papiers importants au même titre que les fiches d'impôts, les relevés de banque, les factures, et aussi les photos de famille. Ça aussi, j'en ai récupéré plein.

La table du punch a disparu. Je ne l'ai pas vue partir.

Est-ce que les gens qui sont là sont tous des amis des gens de Moltogone ? Je me demande comment s'est faite la communication de l'événement. Je ne sais pas bien comment ce projet a pris forme, la vocation de cette association, peut-être qu'on me le dira.

Une femme est passée avec la bouche en arc de cercle vers le bas. Encore une autre forme géométrique. Peut-être que je deviens cubiste.

Picasso disait que c'est parce que les femmes bougent trop qu'il ne pouvait choisir entre profil ou vue de face. Ici, je crois qu'il y a plus d'hommes qui passent et traversent la pièce.

Un homme hausse les sourcils. Il a eu l'air perplexe. J'aime bien ce mot « perplexe ».

Ça me fait penser à cette chanson de Françoise Hardy. Sous aucun prétexte.

L'homme a dit « ah perplexe, moi aussi, y'avait un film » et puis il s'est arrêté. Une femme tient un plateau vide. Le film s'appelait « le vide sous le chapiteau perplexe, non pas le vide, les artistes ». C'est ce qu'il a dit.

Il est ressorti. Quelqu'un joue du piano. Il a l'air de s'y connaître un peu en jazz. Il y a un club de jazz rue de rivoli, que j'aime bien.

Je voulais raconter que j'avais croisé une voisine de ma mère en venant. Mais dans mon quartier, pas le sien. En réalité, puisque j'en suis à parler de voisins, je pourrais plutôt parler de mes voisins musiciens.

Mon voisin de pallier m'a ajoutée sur Facebook. Il a posté une photo où il est en train de faire la fête, un verre à la main. Alors maintenant, je peux associer les bruits que j'entends aux événements desquels il parle sur les réseaux sociaux.

Les voisins du dessus viennent de s'installer il y a moins d'un mois. Il invitent beaucoup de gens et ont été cambriolés il y a deux semaines. Alors maintenant, je ne peux plus laisser la porte de la cour entre ouverte pour que mon chat puisse sortir. La propriétaire m'a envoyé un sms en disant que je pouvais installer une chatière. J'ai passé un temps fou sur Amazon à lire les commentaires des acheteurs à propos des différents modèles des chatières. Je ne savais pas qu'il y en avait autant et maintenant, je ne sais plus quoi choisir. Alors je n'ai rien acheté. Pauvre Miti, ça me fait de la peine de la laisser enfermée.