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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB, 2013 - 2018

Meghan Maucherat De Longpré

Hadès, 2019

Installation d'une corde noire dans l'espace, tendue entre des pitons gris // Au sol : sable de carrière

Hèlios, 2019

Installation d'une doublure de tissu suspendue par des fils de coton. // Au mur : miroirs apposés en plinthes. // Au sol : sciure de bois.

 

 

Hadès et Hèlios ont été pensés et installés en symétrie : le blanc/le noir, le haut/le bas, le chaud/le froid, etc. Chaque White Cube abrite un paysage qui fait écho à l’autre, deux facettes de paysages extrême- orientaux, et qui joue de la simplicité des éléments pour faire émerger la complexité d’un paysage mental. Dans les deux salles, le bas des murs est recouvert d’étroites plinthes de miroirs troubles qui ouvrent le sol, soulèvent les murs, sans jamais refléter les pieds de passage. L’installation, bien que construite d’un point de vue pictural, est pénétrable et invite à une déambulation contemplative.
Hadès, le monde d’en bas, est caverneux. Au sol, le lourd sable de carrière gris sombre garde à peine la marque de quelques empreintes, du crissement des pas qui l’ont foulé. Une corde d’escalade noire en tension entre des pitons gris - sur le sol, le mur et le plafond - zèbre l’espace. Elle dessine des arrêtes et pics saillants. Sur le sable repose un Rhombicuboctaèdre de bois brûlé qui semble en désagrégation.
Se glisser sous la montagne de corde pour passer dans Hèlios, paysage-miroir aérien et aride.
Hèlios est plus aérien : sa doublure satinée suspendue par des fils de coton beige oscille entre montagne et mer de nuages. Il n’y a plus d’arrêtes mais des vagues en tension. Un sol de sciure légère réchauffe la salle et étouffe les sons mais se laisse facilement perturber par les pas qui la foulent.
Une sphère de bois, Tumbleweed, semble intimement liée à la sciure. Laquelle est à l’origine de l’autre ? Conglomérat ou désagrégation ?

Photo : Gauthier Sibillat