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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Léa Hernando

   «La laque vietnamienne s’est renouvelée dans les années 1920-1930 au contact de l’art occidental introduit par les Français par le canal de l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine, ouverte en 1925. L’artisanat ancien (dont on avait même perdu bien des secrets) essentiellement décoratif s’est mué en un art moderne, un art véritable, capable d’exprimer toutes les nuances de sentiments et de pensées. Les étudiants vietnamiens de l’École des laqueurs de Hanoï ont découvert la technique de la laque poncée, enrichi la matière, les couleurs, les sujets, le style.» (source : fr.vietnamplus.vn/laque-et-identite-culturelle) 

 A l’occasion d’un séjour d’étude au Vietnam, je fais la découverte de la peinture laquée vietnamienne. N’étant habituée à travailler qu’à partir d’émotions, d’états ou de perceptions, cet art ancestral aux procédés particulièrement techniques va ouvrir des perspectives dans la pratique de mon médium principal, la peinture. La matière et le relief, qu’ils soient physiques ou visuels, ont souvent orientés mes gestes. Concentrée vers une peinture abstraite, la couleur m’accompagne dans mes recherches d’équilibre des formes.  

Composée d’ajout de matières diverses (coquilles, couches de couleurs, feuilles d’or et d’argent...), la laque vietnamienne tend vers une «cuisine» méticuleuse riche en multiples possibles. Les strates de couleurs superposées, qui sont ensuite poncées révèlent la première ou deuxième couche alors oubliée. Ces strates de couleurs mélangées et générées par l’action du ponçage me permettent de montrer ce vas-et-viens dans le temps.   

L’apprentissage de la laque me permet d’approfondir mon rapport au rituel. Établir un cadre qu’il soit aéré et propre avant de poser les coquilles d’œufs morcelées ou impulsif et sans pré-requis pour d’autres étapes sont des choix entre lesquels je vais et reviens. La méthodologie du geste de peindre va donc s’adapter à la direction choisie pour chaque nouvelle pièce créée. Ce déplacement, aussi géographique que temporel invite au voyage en perpétuel mouvement.