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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2017

Jérémy Boulc'h

Vues du DNSEP, EESAB, Brest, 2016
Photos : Ollier Nicolas

Exposition Start Up, Les Abords, Brest, 2017
Crédit photo : Lecrosnier Ronan

Faisceaux Lumineux, expériences sur la machine, 2015-2017

Imprimantes-scanners, bois, éléments rapportés/ manufacturés, résine époxy,
dimensions variables

Faisceaux lumineux » est un projet qui met en scène des structures mobiles, ou « accessoires » faits de chutes de bois et d’éléments trouvés et surmontés d’imprimantes-scanners. Une série d’images produites par ces imprimantes est également disposée en ligne au mur. Plus que des sculptures en mouvement, elles sont proposées à l’usage au spectateur, qui pourra également s’en inspirer. L’installation, par sa dimension participative mêle l’idée d’un salon du design DIY et d’un site de conception « Open Source ».
Proche ici de l’adage de l’artiste Bernard Piffaretti selon lequel la libération de l’artiste (et de l’individu) va de pair avec la libération du médium, l’idée est de donner au spectateur une sorte d’élan à l’appropriation de ses outils qui passerait par une redéfinition de leur fonctionnalité. En fait, mettre de côté la « bonne » manière d’utiliser l’objet, tout comme Piffaretti décide de ne pas poursuivre la tradition de la peinture. Ici, ces nouvelles « machines » sont vues comme de nobles appareils de photographie, et la série de photo-copies avec leur « qualité de la perte »* si distinctive, est elle aussi à appréhender au même titre qu’une série de peintures ou de tirages abstraits.
L’artiste propose ici une réponse au pessimisme de Walter Benjamin sur « la machine » rencontré durant la lecture de son célèbre écrit « l’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique ».

Pour lui, les inventions techniques ne peuvent être vu comme le produit d’intentions mal- veillantes de la part de leurs auteurs. De même que l’outil, ou « la machine », comme il l’a nomme en général, si imbibée soit-elle d’une fonctionnalité unique et contraignante, ne produit pas, contrairement à un avis répandu, des formes elles-même contaminées. Formes produites ou « re-produites » appelées aussi « copies » et auxquelles le statut d’oeuvre d’art est depuis toujours retiré. Conscient de la réponse contre cette critique faite à la machine formulée par les concepteurs des machines à peindre durant les années 60-70 qui avaient pour habitude d’inventer de toutes pièces leur mécanismes, il a opté quand à lui pour la réévaluation de certaines machines déjà existantes.
C’est en n une citation de Clément Rodzielski qui servira de déclencheur au projet et lui donnera son nom.
«... chaque passage du faisceau lumineux d’un photocopieur sur un document lui donne une autre existence, incarnée par un autre type d’impression, et qui produit potentiellement de nouveaux originaux.»


Texte de Rouillard Typhaine