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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Edgar Flauw

L’univers maritime est celui dans lequel s’inscrit ma pratique créative. Le littoral constitue un interstice où terre et mer se côtoient et produisent de grandes énergies, au sens large. Ce sont ces énergies qui m’intéressent.
Mon travail a pour objectif d’explorer ces énergies. J’ai ainsi choisi un angle bien particulier pour servir cet objectif : celui des pratiques de la glisse, comme le surf par exemple.
Pratiquer la glisse est selon moi une activité qui, en tant qu’artiste, sert l’étude des enjeux sociétaux, environnementaux, technologiques, enjeux contemporains en somme. En effet, utiliser un objet pour glisser sur de l’eau en mouvement le plus longtemps possible, en équilibre implique une relation entre trois entités : l’humain (nous), l’objet (l’interface), la vague (nos environnements).
Cette analogie est selon moi assez pertinente pour appréhender ce qui fait le monde d’aujourd’hui et chercher à concevoir ses objets, au sens large. Ainsi beaucoup des objets que je conçois et éprouve par le test sont des objets de glisse, ce qui est à mon sens important pour explorer cette relation à l’eau en mouvement, à ses analogies.
Je fais intervenir le design, global, comme un outil. Un outil qui prend sa place aux côtés de ma visseuse, de mon feutre, de mon appareil photo, etc. Cet outil est celui qui me procure le plus de plaisir quand il s’agit de travailler les pensées comme les matériaux. Il est ainsi un moyen d’expression privilégié qui va m’aider à formaliser mes réflexions en projets. Ces projets peuvent se situer à différentes places, suivant les valeurs qu’ils mettent en jeu, de l’objet unique sculptural à la petite série d’objet à usage quotidien, en passant par tous les potentiels que permet le monde.
Ainsi, m’immerger dans cet univers fluide, expérimenter ses objets, me permet d’envisager des usages et scénarii qui sortent de la glisse pour plutôt devenir des manières d’habiter, de faire, de vivre.

Marine universe is the one my creative practice enters into. The seaboard constitutes an interstice where land and sea stand alongside themselves and produce great powers, in every sense. They are those powers which are interesting to myself.

To practice wave riding is according to me an activity which is, as an artist, serving the study of societal, environmental, technologic issues. Contemporary issues, in short. Indeed, to use an object for sledding on moving water for the longer possible time, in equilibrium, involves a relationship between three entities : the human (us), the object (the interface) and the wave (the environment).

This analogy is, according to me, pertinent enough to apprehend what is making the nowadays world and searching to design its objects, in every sense. Thus, a lot of objects I design and try by the test are water sledding objects, which is important, according to me, to explore this relation to moving water, its analogies.I make performing design, global, as a tool. A tool which is taking its place beside to my screw-gun, my felt pen, my camera, etc. This tool is the one which procures me the most pleasure when it's about to work thoughts as materials. It is such a privileged way of expressing myself which is able to help me to formalize thoughts in projects. Those projects can be situated in different places, according to values they deal with, from the unique sculptural object to the small usual set of daily objects, passing through all potentials permits the world.

In this way, immersing myself in this fluid universe, experimenting its objects, permits myself to consider uses and scenarios which leave out wave riding rather to become ways for inhabiting, making, living.