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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Corentine Le Pivert & Nicolas Gérot

MÀJ 18-07-2016

Mein Haus meine Welt, 2013

Abri en carton et bois (165 x 160 x 200 cm), couverture militaire, bois de palettes, terre, 6 dessins à la craie grasse (21 x 29,7 cm chacun), 21 tirages numériques (dimensions variables), 9 éditions A5 photocopiées (12 pages chacune), polyèdres en origami modulaire, livres, plantes, pots, robot

  • das Haus

  • die Sachen

  • die Bilder

  • die Bilder (2)

Aujourd’hui, nous sommes dimanche

Dans le futur, après un voyage qui dura une éternité, un accident, des bribes de souvenirs, le tout en allemand. Se réveiller sur une planète inconnue où règne un climat hostile, la découverte de phénomènes étranges.

«Du ciel, des éclairs et pas de pluie»

L’exposition Mein Haus meine Welt est constituée d’un ensemble de productions plastiques inspirées des codes visuels d’une science-fiction désuète. Ces réappropriations laissent transparaître plusieurs axes de réflexion : l’exploration d’un monde nouveau, les souvenirs d’un avant, les expectatives d’un après. Ancrée dans le présent, l’exposition retranscrit un temps de création schématisé à sept jours. Le vendredi du vernissage devient le dimanche, jour final de la création biblique. La question est donc posée : que reste-t-il à faire dans les semaines, les mois, les années à venir? En tant que jeunes plasticiens fraîchement diplômés, le choix de cette thématique n’a rien d’anodin. Établis dans une nouvelle ville, le monde autour de nous reste à explorer. Dans cet environnement parfois hostile, le quotidien lui-même devient une conquête.

 Plusieurs oeuvres littéraires et cinématographiques nous ont nourris le temps de cette exposition, de l’exploration pure décrite dans Rama par Arthur C. Clarke aux souvenirs d’avant matérialisés par Tarkovski dans Solaris. Nous avons aussi gardé en tête les oeuvres majeures de la science-fiction adaptées pour la télévision (La planète des Singes, Star Trek), qui restent des références incontournables.

Des captures d’écran de films que nous nous sommes réappropriées, nous avons gardé les passages de latence : les dialogues, dans un allemand basique, sont des banalités. La maison en bois et en carton est la maquette d’un refuge que nous pourrions construire de nos mains. Un abri très minimaliste, qui est pourtant constitué entre autres de plusieurs étagères sur l’avant, pouvant exposer divers objets : polyèdres en origami, bribes de recherches scientifiques sans réelle finalité, livres... Les bacs de terre évoquent un retour à la nature, un rapport concret et pragmatique au lieu où nous nous trouvons.

Entre odyssée spatio-temporelle et quête naturaliste, Mein Haus meine Welt marque le début de quelque chose de nouveau, la construction de nos propres mythes.