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Un projet mené par Documents d'Artistes Bretagne & l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne, Brest - Lorient - Quimper - Rennes.

Documentation
d'artistes diplômés de l'EESAB.
2009 - 2015

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Cédric Le Corf

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Le paysage anatomique d’après les planches de Jacques Fabien Gautier d’Agoty s’est imposé au fil du temps comme le sujet de mon travail.

Peu à peu l’homme dépecé se métamorphose en homme paysage. L’homme, l’arbre et la terre ont en commun de posséder tous trois une «écorce» et donc de pouvoir être «écorchés». Un corps disséqué n’est-il pas aussi une vaste étendue paysagée aux multiples accidents, de plissements et de crevasses ? La moindre rugosité osseuse n’est pas sans rappeler les paysages rocheux de Patinir ; le réseau veineux, artériel ou nerveux irrigue telle des rivières et des fleuves les plaines et les estuaires ; les muscles, glaise de la Genèse, modèlent gorges et tertres.

Me servant de cette métaphore, j’emploie des racines végétales comme élément paysagé pour y imbriquer os, vertèbres ou rotule en porcelaine. La racine dans son sens étymologique est en effet une partie d'un élément implanté dans un autre, dans le corps d'un être vivant, ne dit t-on pas la racine d’une dent, d’un cheveu, la racine dorsale.  Opposant ainsi l’élément brut du chaos à la maîtrise de la création, l’aspérité au poli, la décomposition à l’inaltérable. 

Imprégné de l’héritage rhénan et armoricain, confronté au pathos de Grünewald, de Baldung Grien, des pendus “Des misères de la guerre“ de Jacques Callot à l’Ankou des danses macabres de Kernascléden où l’animé et l’inanimé se côtoient, jusqu'à l’horreur des charniers de Sobibor ; j’essaie en m’attachant au motif de faire sourdre de sa substance la sculpture, la peinture ou la gravure que ce sujet recèle.

 

Mai 2014