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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2015

Armel Hayel

MÀJ 16-10-2017

- La peinture constitue une histoire du regard.

- La peinture est un médium physique et corporel.

- Dans l'approche menée depuis quelques années, ma pratique picturale s'articule de stratégies s'exerçant sur des pans tel que le motif, le paysage, le portrait, le cadre…en général sur les structures dites classiques, constituantes de la peinture occidentale. Pour chacune s'établit des prises de positions, souvent par étapes, parfois dans des parallélismes semblant semer le trouble.

La peinture est pour moi à la fois un outil et un médium qui permet de produire de la pensée. Une pensée qui est prise entre des conceptions ou rapport d'idées et une intelligence innée au corps physique de l'être. Cette relation de corps à corps devient ainsi vecteur de découverte et de remise en question par ce qui échappe au contrôle.

Le moteur principal de ce travail est une recherche de formes, poursuivie jusqu'à l'émergence d'un renouvellement ou encore d'un pas de côté. Dès lors,  les formes liées aux sens, construisent l'élasticité des représentations et la profondeur de nos imaginaires personnels et collectifs. Cette mise en doute de nos illusions par un nouvel établissement  questionne nos façons de pensées, nos représentations et archétypes culturels. Cet espace de liberté et d'un plaisir certain pour le formalisme, s'enrichit également par la gourmandise et  autres entrechoquements, que me procure la capture photographique et le travail de montage éditorial.

L'ensemble des images que je fabrique, s'inscrit aujourd'hui dans un certain registre dramatique. Pour dévoiler un exemple : l'utilisation de motifs répétitifs sort du champs décoratif pour entretenir plutôt des moments de doutes, de fragmentations, de masquage, ou enfin de preuves, témoins de ces instants  échappés à la perdition. Cf le tableau intitulé la Ruine ou tableau Le motif. Dès lors précisément une  partie de mes peintures sont prise dans un mouvement  centrifuge ou centripète qui produit du hors champs. Parfois, le plus important est  ce qui nous est soustrait au regard. Causes, conséquences, ce mouvement vient se figer, c'est la magie de l'image fixe et corporel que possède ce médium. Actuellement ce travail s'assemble dans des recherches de représentations, et de dispositifs. Il  peut osciller parfois vers des formes plus ou moins indéfinis selon que les forces soit naissantes, fuyantes, instables, vivantes ou cloisonnées. Dans l'entre deux. Apparitions, disparitions ou encore infirmités, viennent contraindre le regard, le mettre en doute face aux semblances de nos moyens pour ré-instaurer du possible et de l’enchantement. Du questionnement.